Fondation Guignard

À propos

La fondation

À la mort de son père Jean-Hippolyte Guignard, Andrée Guignard a souhaité créer une fondation d’utilité publique à but non lucrative en l’honneur de ce dernier, chose faite le 22 novembre 2004 à Nyon. Jusqu’en 2019, la fondation s’est principalement attachée à soutenir des activités culturelles locales.

En 2020, dotée d'une nouvelle équipe, elle choisit de se consacrer principalement à l’Art Brut, qui devient son programme phare. Elle décerne des prix et s’intéresse à des projets tant nationaux qu’internationaux. Ces actions ont pour vocation de soutenir et encourager des productions de multiple nature : créations artistiques proprement dites, ateliers, expositions, publications, films, etc. ayant trait aux pratiques artistiques qu'on peut qualifier de hors normes, par opposition à l’art institutionnel qui s'est affirmé et autonomisé depuis la Renaissance et qui s'inscrit dans le réseau des musées, des galeries et des collectionneurs; culturellement, il obéit à une formation scolaire et à une filiation formelle.

Pour comprendre ce qu’est l’Art Brut aujourd’hui, on se référera à cette explication de Michel Thévoz, président du Conseil consultatif de l’Art Brut et ancien Conservateur de la Collection de l’Art Brut à Lausanne :

« Des travaux exécutés par des personnes en marge de la société (originaux, détenus, patients d’hôpitaux psychiatriques, spirites, etc.), indemnes de culture artistique, inventeurs d’un système d’expression tout à fait singulier : telle est la définition que le peintre et collectionneur Jean Dubuffet avait donnée de l’Art Brut vers 1945, une définition très restreinte à l’origine, pour prévenir toute confusion ou édulcoration.

Depuis, l’Art Brut s’est fait mieux connaître. Après des décennies de découvertes, d’expositions et d’études, la notion s’est si bien accréditée que, tout en restant un pôle de création hors les normes, étrangère à la culture instituée, elle s’est élargie à des voies d’expression inédites, en cours d’exploration. Y figurent notamment les ateliers participatifs d’artistes handicapés.

Il se trouve que, depuis quelques années, le marché s’intéresse à l’Art Brut et lui confère une valeur commerciale inattendue – mais en spéculant paradoxalement sur sa marginalité, ce qui ne fait que renforcer sa définition ».

Jean-Hippolyte Guignard, artiste peintre

Au tournant du siècle, disparaissait Jean-Hippolyte Guignard (1905-2000). Figure bien connue des Nyonnais, il a réalisé en tant qu’architecte de nombreux bâtiments à Nyon et environs, par exemple en participant à la construction de l’Hôpital de Nyon et du Collège secondaire de Marens. Il a également pris part à la vie publique et politique de la commune. Quand a sonné l’heure de la retraite, il s’est tourné vers la peinture qu’il a pratiquée pendant plus de vingt ans.

En 2020, une exposition au Château de Nyon a présenté une partie de l’œuvre peinte de Jean-Hippolyte Guignard. A cette occasion, une publication en son honneur est réalisée et offerte lors du vernissage et par la suite. Elle peut être téléchargée ici : PDF

©Fabien Lhote pour Château de Nyon

Le texte de la publication a été confiée à l'historienne de l'art Laurence Chauvy. Elle y présente l'artiste et son oeuvre. En voici un extrait:

"Fou de peinture, en tout cas assez épris de cet art pour lui dédier de nombreuses heures au cours des vingt ou trente dernières années de sa vie, Jean-Hippolyte Guignard a laissé une œuvre secrète, dans le sens où il ne l’a pas montrée au public, et attachante, saisissante même par moments. La vivacité des coloris s’allie à la fougue expressive, visage caché d’un architecte qu’on devine plutôt austère, épris d’ordre et de rigueur. Les thèmes ? Le paysage avant tout, mais un paysage habité, non pas tant de figures que de ces rappels de la présence humaine, à travers l’habitat, que sont les maisons. Jamais l’artiste-architecte ne semble oublier la profession à laquelle il a voué sa carrière. Jean-Hippolyte Guignard accordait, sans nul doute, une importance particulière à ses natures mortes. Fleurs graciles, voire elliptiques, sur leurs tiges rectilignes ou, matures, alourdies et en voie de se faner, retombant tout autour de leur vase, fruits regroupés dans un plat dont les contours jouent le rôle d’un cadre dans le cadre, corolles blanches et feuilles noirâtres, harmonies soignées, calculées, qui laissent affleurer l’écume des rêves (rêves de sobriété mêlée d’opulence, et d’une certaine sécurité). Mais la grande affaire du peintre reste le paysage, numériquement, et si l’on se réfère à l’acuité de la vision et de l’expression. Sans cesse sur le métier remettant son ouvrage, reprenant de mêmes schémas, l’étagement en plans successifs, un traitement différencié des zones ainsi définies, ciel, lac (ou mer), verdure, la manière dont les arbres structurent la composition, le peintre parvient à nous étonner, nous offrant au passage de véritables morceaux de bravoure. En Jean-Hippolyte Guignard s’opposent le sage et l’audacieux, le constructeur et le désorganisateur, le peintre respectueux des conventions et cet autre peintre, isolé dans son atelier, qui fait fi des mots d’ordre : peu lui chaut, en effet, de faire partie d’un groupe, de suivre (ou, encore mieux, de mener) une tendance. Peu lui importe d’être un peintre de son temps, ses audaces il les connaît, les admire sans doute, sans orgueil ni fausse honte."

Logo et identité version 0.1

L’identité de la Fondation Guignard est basée sur une réflexion sur les écritures — manuscrites, inventées, graphiques, digitales, collectives, secrètes, à plusieurs mains… Le projet de cette identité est de constituer une écriture multiple qui intègre et archive des graphies de personnes gravitant autour de la Fondation: les graphistes commissionnées pour l’identité mais également les artistes soutenu·e·s par celle-ci ou encore ses collaborateurs et collaboratrices. Une sorte de cadavre exquis typo·graphique qui s’enrichit avec le temps, et qui requestionne les hiérarchies, les expertises et les savoir-faire, les normes, les habitudes, les lisibilités…

Les deux typographies de base de cette identité sont la Coconat, que vous lisez ici, une typographie dessinée par Sara Lavazza dont le dessin calligraphique légèrement évasé a des courbes non-conventionnelles, et la DINdong dessinée par Clara Sambot, une ré-interprétation « crapuleuse » de la typographie DIN qui interroge son caractère normé et normatif. Ces deux typographies sont publiées sous licence libre, ce qui signifie qu’elles peuvent être modifiées et que ces changements peuvent être partagés à leur tour. Les typographies libres font ainsi partie d’un écosystème qui favorise les projets collaboratifs et ouverts.

Au fur et à mesure, des lettres manuscrites seront ajoutées au logo et aux typographies.

Pour aller plus loin